Annie David, sénatrice de l'Isère
Loupe
Recherche avancée

Très bonne question ! Réponse dans leur déclaration officielle, un texte qui définit leur ligne de conduite parlementaire et où les sénateurs du groupe CRC-SPG expliquent notamment quel rôle ils entendent jouer au sein de la nouvelle majorité sénatoriale.

Avant d’être débattu et voté en séance publique, chaque projet ou proposition de loi est examiné par l’une des six commissions permanentes du Sénat : Lois, Finances, Affaires économiques, Affaires étrangères et Défense, Affaires culturelles, Affaires sociales. Classées par commissions, retrouvez ici les interventions générales, les motions de procédure et les explications de vote des sénateurs du groupe CRC-SPG.

LOGEMENT ET TRANSPORT

Mobilisation pour le logement et lutte contre l’exclusion : exception d’irrecevabilité, explication de vote

Par Annie David / 14 octobre 2008

C’est évidemment sans surprise que nous vous entendons prétendre qu’aucune des dispositions du projet de loi n’est inconstitutionnelle. Nous aurions donc eu le mauvais goût de déposer cette motion à seule fin de parler un peu plus longtemps, au-delà du temps réduit dont nous disposions dans la discussion générale.

M. Charles Revet. - Exactement !

Mme Annie David. - Pourtant, le texte dont nous débattons tourne le dos à la notion de droit au logement, que nous avons fait entrer dans le champ des droits constitutionnels, ou du moins à portée constitutionnelle, au fil des textes débattus au cours des vingt-six dernières années. Le projet y substitue la notion de droit du logement, où l’occupation prime sur l’occupant.

Le texte remet également en cause l’égalité des termes du contrat entre bailleurs et locataires. Il facilite les expulsions, réduit les garanties contenues dans le droit au maintien dans les lieux et le droit de suite, et précarise fortement la situation de nombreux locataires, pas seulement des plus fortunés. Les locataires les plus âgés devront presque systématiquement quitter leur logement social, pour peu qu’il soit trop grand ; aucune banque ne leur accordera de prêts pour se reloger. Laisser faire, c’est bon quand il s’agit de spéculer sur la monnaie ; mais quand il s’agit de laisser les gens déménager selon leur gré, il n’y a plus de droits !

Quant aux expulsions locatives, comment peut-on assimiler l’offre d’un hébergement d’urgence à une proposition de relogement, y compris pour un locataire de bonne foi ? Rappelons qu’une grande partie des expulsions locatives découlent aujourd’hui d’un congé vente, et non d’un contentieux de recouvrement de quittances.

Voilà quelques raisons supplémentaires, outre celles déjà évoquées par ma collègue, pour motiver l’adoption de cette motion tendant à opposer l’exception d’irrecevabilité.


Version imprimable de cet article
envoyer l'article par mail
Decor
Annie DAVID
Sénatrice de l’Isère

Présidente de la commission des affaires sociales

Membre de la Commission des Affaires européennes

Elue le 23 septembre 2001

Decor
Intranet
Haut de page